Visite du R. F. Sup.

04/Sep/2010

Après trois nouveaux mois d'absence, le Révérend Frère est rentré à la maison, à la grande joie de tous, le jeudi, 6 octobre dernier. Pendant la traversée de New-York au Havre, et encore quelques jours après, il avait eu beaucoup à souffrir d' un anthrax qui lui était venu à la partie postérieure du cou ; mais il était alors à peu près remis, et après avoir reçu les filiales félicitations de la communauté, il put nous donner de très intéressants détails sur sa visite à nos Frères du Canada et des Etats-Unis, sur lesquels le bon Dieu et la Très Sainte Vierge pendant ces vint-cinq dernières années ont versé leurs bénédictions à pleines mains. Ils étaient partis 6 en 1885, et les voilà aujourd'hui à plus de 550 entre Frères, postulants et juvénistes, avec 40 établissements peuplés de 8.500 élèves.

Le Révérend Frère nous a dit d'abord la consolation qu'il avait éprouvée de trouver à Poughkeepsie, outre un noviciat et un juvénat florissants, une communauté de 120 Frères réunis pour les exercices de la retraite annuelle, dont la clôture a coïncidé avec une belle vêture de 15 postulants et de nombreuses émissions de vœux ; puis les consolations analogues que lui ont procurées les diverses retraites qui ont eu lieu, quelques jours après, dans la région d'Iberville. Ce qu'il n'a pas dit, mais que nous savions par ailleurs et qu'il n'est pas difficile d'imaginer, c'est le bonheur que sa présence a apporté à tous les Frères de la province, dont il fut pendant 22 ans l'Inspirateur, le soutien et le guide, et au milieu desquels il apparaissait pour la première fois avec le titre de Supérieur Général.

Ce bonheur se traduisit avec une expansion particulièrement enthousiaste le jour de la clôture de la seconde retraite d'Iberville, où l'on célébra par une belle fête le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de la province. Sa Grandeur Mgr Bernard, évêque de Saint-Hyacinthe, avait bien voulu l'honorer de sa présence et présider les diverses cérémonies religieuses de la journée. En répondant à une adresse qui lui fut lue au cours de la séance de réception préparée en son honneur, le vénérable Prélat, félicita délicatement le Révérend Frère et le C. F. Césidius des bénédictions si abondantes que le bon Dieu et la bonne Mère se sont plu à répandre sur l'œuvre dont ils furent les initiateurs, rendit un cordial hommage au bien fait par notre Congrégation au Canada et aux Etats-Unis, et exprima l'espoir que ce bien serait encore plis considérable à l'avenir. Avec nos chers Frères de l'Amérique du Nord, ceux de la Maison Mère et — nous en sommes sûrs — tous ceux du reste de l'Institut font des vœux sincères pour que ces dernières paroles du bienveillant évêque deviennent une heureuse réalité. Ce sera le merci des Petits Frères de Marie au pays généreux qui leur a donné une hospitalité si large et si sympathique.

Une autre fête dont le Révérend Frère a rapporté un très agréable souvenir, à cause des marques de bienveillant intérêt qui y furent données à notre œuvre et du bien qu'on peut en espérer pour elle, ce fut la bénédiction d'une construction nouvelle qui venait d'être faite à Lévis en vue d'agrandir et d'améliorer le local du Juvénat. Après une belle allocution de circonstance prononcée par le R. P. Brun des Pères Blancs d'Afrique, ancien élève de nos Frères1, Sa Grandeur Mgr Begin, évêque de Québec, qui avait bien voulu accepter la présidence de la cérémonie, ajoute quelques mots où se manifeste une fois de plus ion inépuisable bienveillance à l'égard de notre Institut, qu'il se félicite, dit-il, d'avoir introduit dans son diocèse, et procède à la bénédiction du bâtiment nouveau, grâce auquel le juvénat pourra abriter désormais de 75 à 80 juvénistes.

Mais, de tous les souvenirs rapportés par le Révérend Frère de son voyage, il va sans dire que le plus impressionnant, le plus inoubliable est encore celui des incomparables fêtes du Congrès Eucharistique de Montréal, où il représentait la Congrégation. On en avait eu quelques échos par les feuilles publiques ; mais comme on était plus heureux d'en entendre le détail le la voix aimée d'un témoin oculaire qui en avait vu toutes es magnificences et éprouvé toutes les émotions !

Aussi est-ce avec le plus vif intérêt qu'on l'écouta retracer tour à tour à grands traits la physionomie imposante de ces grandioses manifestations de foi et d'amour envers Jésus-Christ et son Eglise

De la solennelle réception du palais Windsor, où S. E. le Cardinal Vanutelli, légat du Saint Père, après avoir reçu, entouré des plus hauts dignitaires ecclésiastiques et civils, les hommages de la magistrature, du barreau et de tous les corps constitués de la ville, se vit acclamé a sa sortie par une foule d'au moins 200.000 personnes.

De la messe pontificale célébrée a minuit, par Mgr l'évêque de Wellington, dans l'église Notre-Dame, on dix mille hommes, après avoir pieusement pris part aux prières de l'heure sainte, firent pour la plupart la sainte Communion.

Du spectacle sans précédent où, sous les voltes de la même église Notre-Dame transformée en salle du Congrès, on vit une foule de 15.000 hommes applaudir successivement les représentants les plus autorisés de l'Église et de l'Etat, célébrant avec éloquence les gloires de Jésus-Hostie ;

Du magnifique défilé des enfants des écoles, où 15.000 fillettes et autant de petits garçons, vinrent les mains chargées de fleurs ou de bannières, s'incliner devant le Cardinal-Légat, qui, assis sur un trône, devant la Cathédrale, les bénissait au nom du Saint-Père2 ;

De la splendide réunion de la Jeunesse Catholique, au cirque de l'Arena, où 25.000 jeunes gens pleins d'enthousiasme et de foi vinrent acclamer le Cardinal-Légat, l'archevêque' de Montréal, le député Henri Bourassa et autres orateurs de marque qui y prirent tour à tour la parole ;

De la messe pontificale célébrée en plein air, au parc Manco, par le Cardinal-Légat, devant plus de 100 évêques et de 220.000 fidèles ;

De la grandiose procession de clôture, où un cortège3 d'au moins 75.000 hommes précède, sur un parcours de cinq kilomètres, le Saint-Sacrement porté par le Cardinal-Légat, entre deux haies de spectateurs respectueux, dont on évalue le total à plus de 500.000 ;

Et enfin de l'inoubliable scène de la Bénédiction finale, donnée du haut du reposoir du pare Mance à une assistance de 300 à 350 mille personnes prosternées au pied du Mont-Royal, au sein de la vaste nature, au bruit des fanfares guerrières et des salves d'artillerie, sous le rayonnement de l'astre des nuits, suspendu comme une lampe gigantesque au dessus du baldaquin monumental.

On avait l'impression profonde de la vérité des paroles prononcées à cette occasion par le Cardinal-Légat : « Je suis d'avis que le Congrès qui vient de se clore si brillamment est l'événement le plus important dans l'histoire de l'Eglise au Canada, sinon de l'histoire de l'Eglise catholique romaine par toute la terre »

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1 A Saint-Martin-l'Estrat, dans le département de la Loire (France).

2 (1) À ce défilé se trouvait une nombreuse députation de notre école Saint-Pierre de Montréal, qui a 650 élèves. Lorsqu'elle passait devant le Cardinal-Légat, un des prélats qui se trouvaient à côté de lui la lui fit remarquer, et Son Eminence sourit gracieusement en voyant briller sur la bannière le nom du Prince des Apôtres.

3 (2) Dans cet immense et splendide cortège, où toutes les corporations d'hommes de la ville et des environs se trouvaient représentées d'après un protocole d terminé d'avance, les Petits Frères de Marie avaient aussi leur modeste place. Ils étaient environ 70 et occupaient le 1ier rang dans le 13° groupe, formé par les Ordres et Instituts religieux.

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