Visite du S. E. le Cardinal Arcoverde d?Albuquerque à notre Collège de Santos

04/Sep/2010

Son Eminence le Cardinal J. Arcoverde d’Albuquerque n'est jamais las de donner à nos œuvres brésiliennes de nouveaux témoignages de sa paternelle bonté. Le Bulletin a dit, dans son dernier numéro, avec quelle bienveillante condescendance l'éminent prince de l'Eglise avait bien voulu inaugurer lui-même, dans sa ville épiscopale, l'école gratuite São Joaquim ; et l'on nous écrit de Santos, où il est allé passer quelques semaines de vacances, que, par une faveur toute spéciale, il a daigné encore honorer de sa visite le Gymnase Santiste du Sacré-Cœur, que nos Frères dirigent dans cette ville.

Selon le désir qu'il en avait exprimé, Son Eminence a été reçu avec beaucoup de simplicité et sans aucun apparat ; mais le personnel de l'établissement, maîtres et élèves, ne s'en est senti que plus obligé de suppléer par la ferveur et la spontanéité de ses témoignages d'amour et de gratitude à ce que la pompe extérieure avait d'insuffisant, et c'est avec bonheur qu'il s'y est appliqué de son mieux.

« Vive notre bon Cardinal ! Vive Pie X ! Vive la sainte Eglise ! Vive le Brésil ! » Tels sont les cris qui d'eux-mêmes se sont échappes de tous les cœurs, à son apparition, et qui se sont répétés à diverses reprises pendant que, majestueux et bon, il traversait les rangs en caressant de sa main bénissante les jeunes têtes des enfants qui lui offraient des bouquets ou faisaient tomber sur lui une pluie de fleurs odorantes.

A son entrée clans la salle des fêtes, où après une courte station dans le parloir il arrive bientôt, escorté de quelques personnages de distinction, les vivats recommencent, puis font place aux discours de bienvenue, qui naturellement redisent des choses bien souvent répétées, mais que le cœur a le don de rajeunir sans cesse. Chaque groupe a le sien, même le groupe des petits, et ce n'est pas celui qui a le moins de succès.

« Eminence, — dit l'orateur de huit ans, de sa voix argentine, dont l'articulation nette et claire captive d'abord l'oreille de l'assemblée, — quoique petit de taille, je viens, moi aussi, faire mon discours. Je viens vous présenter les souhaits de bienvenue de mes illustres collègues des cours primaires. Ce n'est pas à mon éloquence que je dois cet honneur, mais à leur indulgence ; ce dont je les remercie.

Après ce préambule, je vais diviser mon discours en trois points.

Dans le premier, je vous dirai, Eminence, que nous sommes heureux, très heureux de votre visite. Vous êtes un prince de l'Eglise, un cardinal illustre et saint, la gloire du Brésil. Or un cardinal, c'est bien plus qu'un évêque, qu'un archevêque ; bien plus, par conséquent, qu'un prince du monde. Nous, nous sommes de pauvres enfants, ignorants et faibles, et nous ne méritons. pas une si honorable visite ; mais nous sommes très reconnaissants de la recevoir.

Dans le second point, Eminence, je veux vous dire qu'un grand nombre d'entre nous vont avoir le bonheur de faire leur Première Communion, de recevoir pour la première fois dans leur cœur le bon Jésus, la grand Ami des petits enfants. Depuis longtemps nous nous y préparons, en étudiant bien le catéchisme et en accomplissant nos devoirs comme il convient à des enfants qui veulent être bons. On nous dit que ce sera le plus beau jour de notre vie et nous le croyons. Jésus va venir en nous et nous serons pour toujours ses amis.

Me voici au troisième point, où il me reste à vous dire, Eminence, ce que nous voulons faire à l'avenir. Nous voulons être les nobles fils de notre grande et belle patrie ; nous voulons devenir toujours plus studieux, plus obéissants à nos parents et plus chers à nos maîtres ; nous voulons garder toujours la foi de notre baptême et honorer par notre conduite ce cher Gymnase du Sacré-Cœur de Jésus.

Daignez, Eminence, agréer ces résolutions et vouloir bien nous bénir »

Son Eminence bénit, en effet, de grand cœur comme il fait toujours, après avoir adressé au personnel enseignant du Gymnase et aux trois cents élèves, rayonnants de bonheur de l'avoir parmi eux, les paroles les plus aimables et les plus paternellement encourageantes. Puis il se retira, laissant tout le monde sous le charme de son inoubliable bonté.

Que le Seigneur le conserve et le rende heureux !

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