Visites du Révérend Frère

07/Jun/2010

Depuis d'été 1969, le Révérend Frère a déjà pris contact avec un nombre important de Provinces, et depuis janvier 1970, il est, comme on sait, en train d'accomplir, au nom des Supérieurs Généraux, une mission particulière qui s'ajoute à la visite des maisons maristes.

Mais revenons en arrière. Le 25 juillet 1969, les trois communautés de Lisbonne accueillaient au terrain d'aviation le Révérend Frère qui, sur la demande de la Province de PORTUGAL, venait prêcher la retraite aux Frères.

 

Après une visite au Patriarche de Lisbonne et au Président de la République, il allait passer dans diverses écoles prendre un premier contact, bientôt suivi de la retraite elle-même. « Ce qui frappe le plus, remarque un des retraitants, c'est que le prédicateur semble ignorer les frontières entre théologie, philosophie, sociologie, tellement il domine ces disciplines et va directement à la recherche de ce qui peut susciter l'enthousiasme, combattre l'apathie spirituelle, dénoncer les sophismes… C'est la connaissance profonde qu'il a de l'homme qui lui donne cette remarquable sûreté… C'est aussi ce don total de son temps et de ses forces qui émeut et entraîne ».

 

Aux agapes fraternelles du dernier jour, discours, chants, poésie emplissent le réfectoire, les cheveux blancs rivalisent avec les jeunes pour créer une ambiance merveilleuse.

Après quelques jours en Espagne, le Révérend Frère s'envole pour la Grèce, et il trouve à l'aéroport d'Athènes, le 20 août, outre des Frères et des juvénistes, un bon nombre d'amis et d'anciens élèves des deux lycées.

 

Le lendemain, il s'embarque pour Tinos et c'est dans « l'île de la Vierge » qu'aura lieu la retraite qu'il va diriger. Pas question de la méditation traditionnelle de demi-heure. C'est plus souvent d'une heure entière ou d'une heure et demie qu'il est question. Aux exposés s'ajoutent aussi des carrefours en petits groupes, qu'il sait animer, sur les thèmes intéressant le milieu grec: communauté, familles, vocations, œcuménisme…

Les entrevues absorbent tous ses temps libres et souvent jusque tard le soir. C'est tout juste si l'on trouvera le temps d'un petit tour à Athènes jusqu'à l'Acropole.

 

Le 1ier septembre, nouveau départ, vers Beyrouth. Le séjour au Liban était prévu très court, en vue d'un premier contact avec les Frères et quelques autorités, tout particulièrement le nonce: Mgr Bruniera, ami des Frères depuis déjà de longues années qu'il les a connus en divers pays.

Le Révérend Frère consacre ensuite quelques jours au Second Noviciat de S. Paul-Trois-Châteaux et revient, la mi-septembre, pour préparer hâtivement une circulaire sur la Vie Communautaire et les visites en Amérique Latine.

Des ennuis de santé allaient faire annuler la première partie du long périple qui devait commencer à la mi-décembre par Mexique et Canada. Cette partie serait donc remise à plus tard, et après quelques jours de repos forcé, on débuterait par l'Argentine.

 

Le 28 décembre 1969, à midi, débarquement à l'aéroport de Buenos Aires. Là aussi sont venus beaucoup de Frères, des Parents d'Elèves, des élèves et des Anciens Elèves. Pour retrouver le minimum de santé nécessaire à affronter le travail qui va venir, et pour essayer d'achever la circulaire, il y aura d'abord quelques jours de relative convalescence dans les montagnes de la Cordillère.

A partir du 7 janvier, retour vers Cordoba et Buenos Aires. Le 8 est consacré à des entrevues avec les hommes politiques, en particulier le ministre de l'Instruction Publique; puis les retraites commencent.

La première comportera, après une soirée de mise en train, cinq jours pleins en silence, un jour de repos et trois autres jours consacrés à des dialogues, exposés, tests, méditations-échanges, temps de prière personnelle, heure d'adoration devant le Saint-Sacrement.

La liturgie est aussi créative que possible, dans la soumission aux directives diocésaines.

Les 18, 19, 20 janvier sont consacrés aux contacts avec des personnes de tous les horizons politiques, économiques, sociaux, anthropologiques, ecclésiastiques, religieux et pastoraux; car comme on y a fait allusion plus haut, le Révérend Frère est chargé par les Supérieurs Généraux de donner sur ces divers sujets un point de vue loyal et équilibré qui permette ensuite aux diverses congrégations de prendre leurs options particulières ou d'envisager une action commune.

Dès le 20, commence la seconde retraite. Le Révérend Frère est aidé par le F. Carlos Schramm, directeur de ¡'Escorial, mais il y a suffisamment de travail pour deux, car aux Frères des deux Provinces d'Argentine se sont joints pour ces retraites les Frères de l'Uruguay, du Paraguay et même quelques-uns du Brésil.

Les deux derniers jours de janvier et jusqu'au 4 février, sont consacrés ensuite à la visite de quelques maisons et aux contacts dans le sens indiqué plus haut, avec les autorités, entre autres le Président de la République. Le Révérend Frère est surpris que presque tous les collèges où pourtant a été formée une partie de la classe dirigeante soient si simples et construits avec les matériaux les plus ordinaires. Par contre, par exemple à La Plata, les terrains de sport sont très bien organisés, car les Anciens Elèves les ont financés, les utilisant eux-mêmes le week-end et les laissant aux élèves le reste de la semaine.

Dans ces visites on va jusqu'aux maisons maristes lointaines de la province de Patagonie.

Du 1 au 10, suivra une troisième retraite, puis la réunion du Chapitre Provincial et il y aura encore dix jours réservés aux visites à des personnes, comme par exemple la mère d'un Frère atteinte de cancer, à des lieux, comme par exemple, une ville très pauvre: Añatuya, où, grâce aux dons des catholiques allemands, on a pu faire un collège qui est peut-être le plus fonctionnel de nos collèges d'Argentine. Et, bien entendu, il ne faut pas oublier Nuestra Señora de Luján.

A l'aéroport, ce sera vraiment la foule des grands jours. Cela se comprend si l'on pense que les Frères ont 7 écoles aux alentours de Lima. Notre visiteur est donc accueilli par des autorités, des parents d'élèves, des anciens élèves, des Pères

Maristes, d'autres prêtres, des religieuses de plusieurs Instituts et beaucoup de Frères Maristes.

 

Première retraite entre le 22 février et le 3 mars. Le 4, réception chez les Pères Maristes. Le Pérou est en effet un centre d'œcuménisme mariste par la présence des Pères et des Sœurs. Diverses entrevues sont ménagées aussi avec d'autres congrégations qui collaborent avec les Frères, en particulier avec les Sœurs Dominicaines du Rosaire, congrégation qui est à notre service à la Maison Généralice. Ces jours sont aussi consacrés à la visite d'un certain nombre d'écoles du Grand Lima.

Une autre retraite a lieu du 8 au 17. Et il reste encore quelques jours pour visiter des écoles: Cajamarca, par exemple, à 2700 m d'altitude, où nous avons une Ecole Normale Supérieure officielle, une école d'application et une école secondaire, officielle elle aussi.

C'est ensuite la visite de Piura et Sullana; dans cette dernière ville, les Pères Maristes ont deux paroisses.

Nouvelle réunion de la famille mariste à Miraflores; visite de San José de Huacho, et le 22 mars, dimanche des Rameaux, pèlerinage au sanctuaire de la sainte du Pérou: Rose de Lima.

La rédaction ici s'excuse de ne pouvoir utiliser tous les textes transmis soit sur les visites, soit sur les retraites. Si le nombres de pages n'était pas limité, nous ferions la place la plus large possible à un pays qui vient tout récemment de subir une épreuve si effrayante et nous est donc tout particulièrement cher à ce titre.

Le 23 mars, départ pour la Paz. Aimablement hébergé par les Sœurs Croisées de l'Eglise, le révérend Frère arrive le lendemain dans les maisons des Frères situées à Santa Cruz, San José et Roboré. Ce secteur de Bolivie qui dépend de Bética est très pauvre, mais fait un travail excellent et déjà on trouve des vocations.

Quatre jours de la Semaine Sainte sont consacrés aux Frères, et les jours suivants aux contacts concernant l'enquête générale, surtout dans les milieux de La Paz.

Le 8 avril, retour à Lima, puis départ vers la frontière du Chili, à Tacna, où se trouve l'une des trois écoles normales d'Etat que dirigent nos Frères. On franchit les frontières en auto puis on va prendre l'avion à Arica.

A Santiago auront lieu nombre de contacts. Chacun des deux dimanches sera consacré aux Frères, mais ici il n'y a ni visite canonique prévue, ni série de retraites. Le Président, Eduardo Frei, accueille très volontiers le Révérend Frère qui recevra même la décoration « Bernardo O'Higgins », au titre des services rendus par les Frères au pays.

Nous indiquons ici quelques-uns des contacts réalisés qu'il serait fastidieux de répéter pour chaque pays, puisqu'ils sont du même ordre. Le Révérend Frère aura donc une entrevue avec le Ministre de l'Agriculture et l'équipe de la Réforme Agraire, le Ministre de l'Education qui lui expose la profonde réforme en train de s'opérer, et le Ministre des Relations Extérieures.

 

Sur le plan de l'Education, un dialogue a lieu avec le recteur de l'Université Catholique, le comité des Evêques chargés de l'Education et les dirigeants de la Fédération des Collèges Catholiques.

Sur le plan des autorités religieuses, les contacts seront avec le cardinal, le nonce, un archevêque, le doyen de la Faculté de Théologie, et en outre la Conférence des Supérieurs Majeurs.

Sur le plan sociologique, plusieurs heures se passeront avec deux meilleurs spécialistes chiliens en la matière, et le Directeur des Etudes de « Réalité chilienne ».

Et il faudrait ajouter des réunions avec les Anciens Elèves, évidemment de diverses tendances; et comment pourrait-on éviter les journalistes?

 

A partir du 20 avril, retour en Argentine, où a lieu une réunion avec quatre ou cinq Frères qui s'occupent des mouvements de formation apostolique. Les jours suivants, sont encore consacrés aux contacts de l'enquête, et le 26, départ pour le Paraguay. Un récent Bulletin a présenté cette nouvelle mission de Cataluña. Là aussi, soit à Concepción, soit surtout à Horqueta, la pauvreté est grande, mais le travail des Frères fait la joie de toute la population.

Les deux derniers jours du mois sont consacrés aux contacts non maristes, car d'ailleurs les Frères de Paraguay avaient déjà pu voir le Révérend Frère pendant la retraite en Argentine.

Le 1ier mai, arrivée à Asunción, en Uruguay. De là on ira à Durango, puis à Montevideo où les Frères ont quelque 1800 élèves primaires ou secondaires en trois écoles. L'enseignement privé n'est pas sans difficultés, mais il est cependant en bonne santé.

Comme partout ailleurs, ont lieu les contacts d'ordre général, et voici terminée une première étape.

Le 6, départ pour Madrid avec une heure d'escale à Rio. A Madrid, le Révérend Frère peut consulter un docteur qui trouve que son état est satisfaisant.

Le 8, la Maison Généralice retrouve avec joie son Supérieur Général toujours souriant et dynamique, fatigable, mais faisant comme s'il ne l'était pas.

Un mois et demi plus tard ce sera un nouveau départ pour les retraites du Canada, un bref séjour aux USA et la visite du reste de l'Amérique Latine jusqu'en décembre 1970.

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