Vous etes le temple de Dieu

06/Sep/2010

C'est un temple magnifique que celui de la création. Quelle richesse et quelle variété dans son décor ! Quelle majestueuse unité dans son ensemble ! Quel indescriptible fini dans tous ses détails ! En quels sublimes caractères se lit le nom de Dieu, sur cette œuvre si imposante, qui n'est cependant qu'une faible révélation de sa puissance infinie !

Mais voici des œuvres divines bien plus hautes et bien plus merveilleuses encore. Quels horizons nous ouvre ici la foi ! Quels temples nouveaux ! Et quels impénétrables mystères d'amour !

Le plus modeste temple catholique renferme le suprême architecte, le créateur lui-même de ce vaste temple de l'univers !…. Et cette humble et pauvre église, qui est cependant une image en miniature du temple éternel de Dieu, est encore un abrégé de l'Eglise catholique, autre édifice assis sur la terre et qui s'élève tout éclatant de merveilles jusque dans les hauteurs de la gloire inénarrable des saints.

Et cependant, il est un autre temple encore que Dieu s'est choisi entre tous pour s'y reposer comme en un lieu de délices ; un temple où son amour a semé plus de miracles et prodigué plus de richesses que dans le temple splendide de la nature ; un temple où il n'est pas moins glorifié que dans les basiliques superbes que nous élevons à sa gloire ; un temple où il habite comme dans celui même du ciel ; un sanctuaire mystérieux, où il prend plaisir à refléter et à contempler son image, où il verse des joies, des lumières, des bénédictions infinies, où il révèle souvent aux plus humbles et aux plus petits des secrets qu'il cache aux plus prudents et aux sages de ce monde.

Ce temple béni, ce sanctuaire si comblé des tendresses de Dieu, c'est l'intérieur de l'âme chrétienne. Ne savez-vous pas, dit l'Apôtre, que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit-Saint habite en vous ? Le temple de Dieu est saint, et c'est vous qui êtes ce temple1. Rappelons-nous ici ce qu'en font le Baptême, la Confirmation, l'Eucharistie, ces grandes magnificences de l'amour infini, qui ont transfiguré le disciple en son maître et comme déifié le chrétien.

Oui, l'âme chrétienne est un temple, une maison de prières, un sanctuaire auguste, où Dieu se plaît à être adoré, et qu'il aime à remplir de sa présence. Sur le mystérieux autel de ce sanctuaire, où se consomme un perpétuel sacrifice, brillent comme de belles urnes d'or la foi, l'espérance et la charité. Tout autour s'élèvent et l'encens de la prière et les saints cantiques de l'amour ; et sur les pas de Dieu s'effeuillent à toute heure des roses et des lis…

Là, près de ce tabernacle, une lampe brûle toujours, toujours… la nuit même ne la voit pas s'éteindre. Je dors, mais mon coeur veille. Et dans cette âme, où Dieu place son ciel et fait ses délices, il se berce plus de félicités qu'il n'y en a dans tous les rêves, tous les palais, toutes les vanités du monde ; il s'élabore plus de science et s'apprend plus de sagesse que n'en élaborent et n'en apprennent tous les érudits et les sages de ce siècle. Et là encore, se consomment des mystères et se passent des fêtes qui sont le prélude des mystères du .ciel et des fêtes éternelles…

O sanctuaire intérieur, tabernacle de l'âme chrétienne, petit temple tout embaumé de la présence de Dieu, tout retentissant du cantique des anges, intime asile tout parfumé des joies divines, tout souriant même de tes larmes qui contiennent toujours des allégresses infinies, oh ! heureux, bienheureux qui connait ta paix, ton repos, ton innocence, tes mystères !

Mais ne faut-il pas plaindre bien amèrement celui qui, brisant ces saintes harmonies de Dieu, fait de son âme une caverne au lieu d'un sanctuaire ? Quel état que celui de l'homme dont le cœur est dévoyé ! Que d'orages alors là où aurait dû régner tant de paix ! Et si le silence se fait quelquefois dans ce cœur de l'homme sans foi, de l'homme oublieux de ses devoirs, et de ses destinées, qu'il est terrifiant, qu'il est affreux, ce silence de la mort ! Le désolant tableau, mon Dieu, que celui de ces cœurs sans prière, sans autel, sans amour ! Vous en eussiez fait un paradis ; le démon en fait un enfer.

Habitez donc toujours, ô Seigneur, dans le temple de mon âme, et habitez-y vous seul ; car, sans vous et en dehors de vous, il ne peut y avoir que mensonge, amertume, déception et tristesse. Il est bien pauvre, bien étroit, ce sanctuaire vivant où il vous plait de trouver vos délices ; niais que du moins le démon et le péché, le monde et ses vanités ne viennent jamais vous y disputer la place. Vous seul, vous seul aujourd'hui, demain jusqu'à la fin de ma vie et toute l'éternité, Dieu de mon cœur et mon partage à jamais !

D'après les « Réflexions philosophiques, morales et religieuses »

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1 1. COR. III, 16, 17.

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