Vue densemble

11/Oct/2010

En achevant de publier ces pages, le Bulletin se rend bien compte de la question qui est sur toutes les lèvres de ses Lecteurs: « Dites-nous donc, d'une façon précise, combien de nos Frères ont péri jusqu'ici sous les balles des persécuteurs. »

Divers journaux ont publié toutes sortes de chiffres. En réalité, ou ne peut encore préciser. Il semble pourtant qu'on pourrait aligner ici une cinquantaine de noms, dont un dixième est encore heureusement un peu douteux. Mais il faut songer aussi qu'une marge de tristes possibilités entoure ce nombre. Et il y aura sans doute plutôt à ajouter, quand on saura tout.

De plus, à côté des Frères déjà mis à mort, il y a ceux qui sont en prison, retenus comme otages, ou devant être jugés. Or, il faut compter environ 70 Frères prisonniers, rien qu'à Barcelone, 30 peut-être à Madrid, 25à Valence, autant à Murcia et des chiffres moindres en plusieurs autres lieux. Toutefois, il ne faut pas encore désespérer. Plus d'un de nos Frères est à son deuxième et même troisième emprisonnement.

Il y a aussi, malheureusement, une dizaine de maisons dont on n'a encore eu aucune nouvelle et dont on ne sait que penser. Si, à Tolède, on n'a pu retrouver aucun des Frères vivants, par contre, à Oviedo, ils étaient tous, sauf un, en bonne santé. On vient d'apprendre qu'à Jaén la communauté, composée de 11 Frères a pu se réfugier dans ce fameux monastère de. N.-D. de la Cabeza, situé sur un piton inabordable de la Sierra voisine, qui est devenu comme un autre Alcazar. Il contient un millier de personnes qu'assiègent„ un peu de loin, des bandes rouges. Voilà cinq mois que cela dure. On les sauvera peut-être, il faut l'espérer.

Enfin, un petit nombre de Frères ont pu se dissimuler ou trouver une situation qui les met à l'abri des poursuites.

 Dans une maison, qu'on ne peut nommer ici, vivent cachés et « confinés comme des souris dans leur trou », dit une lettre venue en cachette, quelques-uns de nos Frères, dont l'un d'eux écrit: J'ai pu obtenir d'un prêtre (lui aussi caché, bien sur), qu'il célébrerait la messe suivant les indications données à la radio par le Saint Père. Il fut convenu qu'il consacrerait toutes les hosties qu'il pourrait et que j'irai, le samedi suivant les chercher.

J'ai pu y aller effectivement et ainsi, après 109 jours de privation, nous avons pu nous communier et garder Notre-Seigneur avec nous. Quelle consolation au milieu de nos malheurs!

J'ai même pu en faire profiter quelques bonnes âmes du pays et enfin porter des hosties jusque dans la prison de… où de bons chrétiens, véritables confesseurs de la foi, ont pu communier. Nous revenons au temps. des catacombes.

Restons sur ce consolant spectacle que nous donnent nos héroïques Frères d'Espagne. Souhaitons que bien-. tôt s'arrête l'épreuve par laquelle ils passent et que toute l'Espagne retrouve la liberté religieuse qui fleurit dans les régions déjà enlevées au communisme.

Notre-Dame del Pilar, priez pour vos enfants fidèles!

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