Lettres Ă  Marcellin

F. De La Croix

1837-05-26

V.J.M.J.
Semur-en-Brionnais, le 26 mai 1837.
Mon Révérend Père,
Soyez persuadé que je ne me permettrai jamais de faire de mon chef, ce que je ne dois faire que daprès votre avis. Quoique Monseigneur, lEvêque dAutun, mait engagé à lui faire part de nos besoins, et quil se soit offert à nous aider de tout son pouvoir, je ne lui ai pas écrit, vu que, je puis lui faire dire tout ce que je veux par M. Béraud; et quil doit revenir ici dans le mois daoût prochain: alors, je serai encore à temps de lui témoigner ma reconnaissance; avec tout le respect possible. Il vient de nous donner des preuves de sa bienveillance, en proposant au conseil municipal de Semur, une de ses maisons pour nous loger, à condition que la commune se chargera des réparations. (Sa proposition a été adoptée). La maison dont il est question se trouvera placée entre le Séminaire et la Cure; sur le devant, elle aura lEglise, et sur le derrière une prairie; lintérieur des appartements est bien disposé. Il y a lieu de croire que tout ira bien dans la suite; cependant lancien propriétaire de la dite maison, ayant encore une année à jouir, nous serons peut-être obligés de faire, encore, nos classes dans le même local lannée prochaine. Ce bon Evêque prend beaucoup dintérêt à létablissement de nos Frères, dans son Diocèse; il doit vous demander des sujets pour fonder deux établissement dotés. Pendant quil était ici, jaurais bien voulu pouvoir le remercier pour tous ses bien-faits, mais hélas! pour toute marque de reconnaissance, je nai pu que lui donner la moitié de nos prospectus: sauf à lui donner le reste quand il viendra. (Il les placera mieux que moi). Si vous jugez à propos que je lui écrive, jirai à Charlieu, auprès de mon mentor et je le prierai de me rendre cet office.
Nous avons encore 78 enfants: ils nous donnent, tous, beau coup de satisfaction. Ils ont été bien sages, pendant le mois de Marie. Que le bon Dieu en soit béni, puisque cest de lui quémane tout bien.
Nous attendons un Curé. On dit que cest un saint vieillard, qui a bien à coeur la prospérité des maisons religieuses. Je crois que nous allons garder M. Béraud pour Vicaire, vu quil fait les affaires de Monseigneur à Semur. Je suis bien content du cher Frère Odilon, cependant je vous prie de lui écrire deux mots dencouragement pour apaiser son imagination, car il est si scrupuleux quil ne faut quune ombre pour lempêcher dapprocher des Sacrements.
Mon bien cher Père, avant de terminer, permettez-moi de vous témoigner ma vive gratitude pour toutes vos bontés à mon égard et particulièrement pour la sage leçon que vous mavez faite donner par le cher Frère François, dans sa dernière lettre. Je vous prie de ne pas mépargner et de continuer à me donner les leçons dont jai besoin, a Dieu. Sil était permis à un religieux davoir de la préférence pour quelque chose, je vous dirais que jaimerais beaucoup mieux vous écrire du havre-de-grâce que dici. Après tout que la volonté de Dieu soit faite. Si je ne suis pas catéchiste un jour, je tâcherai dêtre bon instituteur.
Je suis avec respect votre tout dévoué et très obéissant fils en Jésus et Marie,
F. DE LA CROIX.

fonte: AFM 121.7

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