Lettres de Marcellin 090

Marcellin Champagnat

1837-02

Cette lettre est la réponse à Iune des lettres dont Monseigneur Devie honora le Père Champagnat. En voilà la teneur.
Belley, le 7 février 1837.
« Vous trouverez ci-joint, mon cher Monsieur, une lettre de change de 400 f. pour le noviciat du 4e frère que vous avez envoyé (à St Didier).M. de la Croix et M. Depery (Vicaires généraux de Belley) ont pris beaucoup de peine pour chercher vos pièces au ministère, de IIntérieur, afin de presser lautorisation de votre congrégation. Il navoient point encore pu les trouver. Mais un chef de bureau a promis de ne rien négliger pour les découvrir. Il leur a dit en même temps que comme il étoit question dun nouvel ordre religieux, il falloit une loi des deux chambres.
Voyez si Ion vous a dit quelque chose de semblable à Paris. Il me semble quil na jamais été question que dune ordonnance.
Je voudrais savoir également si parmi vos pièces il y a une donation faite à (votre congrégation) la maison de IHermitage, parce que je désirerois faire approuver en même temps la donation de la maison de St Didier avec environ 40 mille fr. de capital. Tenez moi au courant de ce qui se passera pour votre maison, et je vous dirai aussi tout ce que nos voyageurs mapprendront à leur retour qui sera prochain... »
Le Père Champagnat na certainement pas traîné pour répondre à cette lettre, cest pourquoi nous pouvons la dater de la mi-février (cf. A.A. p.214).

Monseigneur,

Nous avons reçu votre honorée lettre avec la lettre de change.

Nous venons vous remercier de la lettre dont vous avez eu la complaisance de nous honorer. Votre bienveillance et votre généreuse libéralité pour la société de Marie dont vous nous donnez les preuves si marquées, ne seffaceront jamais de notre souvenir. Nous sommes bien sensibles à toutes les peines que M. De la Croix et M. Dépery se sont données pour nous à Paris. Nous pensons que nos pièces sont toujours entre les mains de M. Delbèque, chef de division au ministère de linstruction publique. On ne nous a jamais dit quil fallut une nouvelle loi pour notre autorisation. A lépoque de la déchéance de Charles X tout étoit prêt et les procédures terminées, il ne restait plus quà signer lordonnance, mais les événements y ont mis obstacle.

Parmi nos pièces il ny a point de donation faite à notre maison, on ne nous en a pas même parlé. Nous navons rien su de bien positif sur cette affaire depuis mon retour de Paris. Il nous tarde beaucoup den apprendre le résultat. Nous avons lu avec le plus vif intérêt ce que vous avez eu la bonté de nous en écrire. M(onseigneur), veuillez agréer lhommage de notre parfait dévouement et la ferme résolution où nous sommes de ne rien oublier pour correspondre à votre zèle vraiment apostolique pour la gloire de Dieu et le bien de la Religion. Nous serons heureux si vous daignez nous continuer vos conseils et le secours de vos prières.

Daignez agréer, de votre Grandeur les très humbles et très obéissants serviteurs.

Édition: Lettres de Marcellin J. B. Champagnat (1789-1840) Fondateur de l?Institut des Frères Maristes, présentés par Frère Paul Sester. Rome, Casa Generalizia dei Fratelli Maristi, 1985.

fonte: Daprès minute AFM, RCLA 1, p. 29, nº 13

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