Lettres de Marcellin 116

Marcellin Champagnat

1837-06

Le Père Champagnat fait ici réponse à Iune des lettres reçues de Mr Mazelier qui na pas été conservée. Celui-ci, sans doute lui fait une observation sur la conduite de Iun ou Iautre Frère. Le Père ninsiste guère sur ce fait, nindique quune mesure générale, gardant pour lui la position quil a décidé de prendre vis-à-vis des particuliers.
Le Père Supérieur dont il sagit ici ne peut être que lui-même. Ceci sexplique par le fait que la lettre est écrite sous la dictée du Père par un secrétaire, sans doute Frère François, qui, en rédigeant, na pas mis « nous » comme plus loin, mais le Père Supérieur. Ce dernier, en signant, na pas cru corriger. Comme confirmation nous avons la lettre 122 du 26 juillet montrant que le Père Champagnat voulait se rendre de La Voulte à St-Paul. Dautre part, sil sétait agi de Mr. Colin il naurait sans doute pas parlé « dune entrevue » mais dune prise de connaissance.
Le malade dont parle le Père est probablement le novice Jean Mourgue, Frère Colomban. La lettre 122 du 26 juillet nous apprend quil fait partie des Frères confiés à Mr Mazelier et celle du 6 août n° 128 quil retourne à St-Paul. Le Père emploie le mot « notre », ce quil ne fait jamais pour aucun autre, dans une intention précise que Frère François, Iannée suivante, dans une lettre du 4 mai 1838 explicite en ces termes; « Le novice Mourgue, à qui vous avez rendu un si important service, doit sestimer heureux que vous vouliez bien le garder auprès de vous,... à moins que vous ne jugiez plus à propos de lui laisser suivre sa première vocation, il doit se considérer comme vous appartenant bien légitimement. Sil revient dans notre société, nous le recevront avec plaisir. . . » En fait il a passé tout le temps de son noviciat chez les Frères de St-Paul. (cf. Répertoire biographique)

Monsieur le Supérieur,

Nous sommes bien sensibles à toutes les sollicitudes que vous vous donnez pour nos frères, et nous avons appris avec beaucoup de peine quil sen trouve parmi eux qui ne savent pas apprécier les avantages que nous procure votre charité, et qui, par une conduite peu régulière, vous donne un surcroît dinquiétudes. Nous ne laisserons jamais échapper aucune occasion de leur renouveler les recommandations que nous leur avons déjà faites avant leur départ.

Le Père Supérieur compte se rendre auprès de vous vers la mi-juillet. Depuis long-temps il attend loccasion de se ménager lavantage dune entrevue avec vous; un M(onsieur) de nos cotés qui désire faire un établissement de nos frères à La Voulte (Ardèche) lui en facilite le moyen.

Notre malade est chez ses parents depuis plus dun mois. Il allait un peu mieux lorsque nous ly avons envoyé à sa demande. Nous nen avons rien su depuis cette époque. Nous croyons que son indisposition lexemptera, cependant nous sommes bien reconnaissans des moyens que vous avez emploiés pour lui dans la circonstances dont vous nous parlez.

Nous avons fait une nouvelle tentative pour obtenir notre autorisation, peut-être quelle aura un heureux résultat. Le tout selon la volonté de Dieu et pour sa plus grande gloire.

Vos tout dévoués serviteurs,

CHAMPAGNAT, sup.ff.M.

Édition: Lettres de Marcellin J. B. Champagnat (1789-1840) Fondateur de l?Institut des Frères Maristes, présentés par Frère Paul Sester. Rome, Casa Generalizia dei Fratelli Maristi, 1985.

fonte: Daprès la minute, AFM, RCLA 1, p. 47, nº 41

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