01/Sep/2008 BANGLADESH

Mission Ad Gentes

Voici des extraits de la lettre du Fr. Hilario, envoyée à son Provincial, le Fr. Demetrio, de la Province Cruz del Sur. De Bangladesh, le Fr. Hilario nous raconte comment se déroule sa vie et celle des frères qui se trouvent dans différents pays d?Asie, engagés dans la Mission Ad Gentes (MAG).

« Nous étudions toujours la langue même si nous avons un peu laissé de côté les cours afin de prendre contact avec les gens et pouvoir pratiquer un peu ce que nous avons appris dans les livres. L?Archevêque nous a suggéré plusieurs lieux. Nous avons déjà fait une première sortie ; la semaine prochaine nous ferons la deuxième. J?ai passé deux semaines, avec le frère des Îles Salomon, dans une paroisse de Nagori, qui est à quelque quarante kilomètres de Dhaka. Le matin nous allions dans une école des S?urs de 1 400 filles environ et nous passions la matinée dans les classes. L?après-midi quelques jeunes sollicités par le curé nous emmenaient à la campagne visiter des familles qui vivaient au milieu de grands bois. Nous parlions un peu avec chacune. Nous en avons visité une bonne vingtaine. Nous découvrons beaucoup de choses nouvelles pour nous, surtout concernant la structure familiale. Les maisons se composent, habituellement, de quatre parties séparées, disposées en quadrilatère, avec une sorte de cour centrale où se promènent quelques animaux : canards, poules, petites chèvres et quelque vache (= Goru). Les parents habitent dans une des parties ; dans la deuxième, les garçons mariés avec leurs épouses ; les filles mariées occupent une autre partie avec leurs époux ; les enfants des garçons vivent ensemble ; la cuisine et la salle à manger se trouvent dans un autre bloc. C?est là que tous font la cuisine et mangent à la même marmite. Il s?agit d?une longue tradition culturelle qui, en certains cas, est en perte de vitesse. Si les époux sont trois et que l?un d?entre eux n?a pas de travail, il mange comme les autres? ce qui ne va pas sans certaines tensions. On perçoit aussi le visage de la souffrance humaine et silencieuse. Dans une maison j?ai rencontré une grand-mère de 87 ans, couchée et atteinte d?un diabète très avancé. Champagnat la qualifierait de « colonne » de cette famille? J?ai bien essayé de dire quelque chose à ces gens. Une autre grand-mère était atteinte d?hémiplégie depuis quelque temps? Elle m?a demandé de prier pour elle et m?a tendu sa main droite. Je l?ai prise et j?ai prié à haute voix le Notre Père en bengali? ; je ne sais pas?, mais j?ai eu l?impression que quelqu?un était entré dans cette maison?

Lorsqu?on franchit le seuil d?une maison, ce que l?on voit en premier c?est un mur rempli d?images religieuses et d?images familiales. Je disais qu?elles ressemblaient à des chapelles. La foi de ces gens est bien visible ; ils ne font pas de discours ; c?est pour cela qu?elle est crédible. Nous avons trouvé une famille réunie ; ils étaient assis sur une natte, en train de prier avec les Écritures : Nous sommes partis avec l?intention de revenir un autre jour. Le premier jour nous avons pris part à la prière d?une famille. Ce sont des milieux avec pas mal de vocations religieuses et sacerdotales. Les Holy Cross Brothers ont 35 postulants. Nous avons commencé très timidement. Nous accompagnons quatre ou cinq jeunes de Khulma, ce qui suppose de voyager ou d?utiliser le courrier électronique? Le séminaire archidiocésain accueille plus de cent séminaristes.
La semaine prochaine, accompagné d?un autre frère, je me rendrai à St. Gregory School des Holy Cross Brothers. Ils sont assez forts ici, vu que leur présence date de 150 ans. L?école compte quelque 2 000 élèves. Nous essaierons de pratiquer un peu la langue. Une petite difficulté vient du fait que les gens que l?on retrouve dans la rue ne parlent pas exactement la langue des livres, ou ne prononcent pas de la même manière. Mais comme je l?ai déjà dit ailleurs, nous avons fait des progrès, si bien que nous faisons la prière mariale en bengali. Avec les gens nous parlons « Banglish » (bengali + english). L?effort que cela nous demande est grand et parfois c?est fatigant? En plus, il y a le thème de la maison. Nous vivons toujours dans des maisons prêtées, mais pour la fin de l?année, nous aimerions être ensemble tous les sept, dans une même maison. Cela dépendra du type et du lieu de mission que nous voudrions réaliser. »
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Fr. Hilario Schwab
Dhaka, Bangladesh, 23 août 2008

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