20/Mar/2020 VATICAN

Pape François : « nous pouvons retrouver de petits gestes de proximité envers ceux qui nous sont les plus chers »

Le pape François passe ses journées au Vatican en suivant de très près la crise sanitaire liée au coronavirus. Le dimanche, 16 mars, il s’est rendu en la basilique Sainte-Marie-Majeure et en l’église San Marcello al Corso pour prier. Dans une interview au journal italien La Repubblica, Il a raconté les enseignements qu’il tire de ces événements.

Télécharger PDF: English | Español | Français | Português


La Repubblica – 18 mars 2020

« En ces jours difficiles, nous pouvons retrouver de petits gestes concrets de proximité et de bienveillance envers ceux qui nous sont les plus chers, un câlin à nos grands-parents, un bisou à nos enfants ou aux personnes que nous aimons. Ce sont des gestes importants, décisifs. Si nous abordons ces jours de cette manière, ce ne sera pas du temps de perdu ».

Saint-Père, qu’avez-vous demandé lorsque vous êtes allé prier dans les deux églises romaines ?
« J’ai demandé au Seigneur d’arrêter l’épidémie : Seigneur, arrête-la de ta main. J’ai prié pour cela ».


 
Comment peut-on vivre cette période pour éviter d’avoir l’impression de perdre notre temps ?
« Nous devons redécouvrir l’importance des petits gestes, des petites attentions à avoir envers nos proches, notre famille, nos amis. Comprendre que la vraie richesse se trouve dans les petites choses. Certains gestes simples se perdent parfois dans l’anonymat du quotidien, des gestes de tendresse, d’affection, de compassion, qui sont néanmoins décisifs et importants. Par exemple, un plat chaud, un câlin, une embrassade, un coup de téléphone… Ce sont des gestes familiers et quotidiens qui permettent de donner du sens à la vie et d’établir une communion et une communication entre nous ».


 
Ne vivons-nous pas comme cela, d’habitude ?
« Parfois, la communication que nous vivons n’est que virtuelle. Nous devrions en revanche rechercher une nouvelle façon de se rapprocher les uns les autres. Une relation concrète faite d’attention et de patience. Très souvent, les familles dînent ensemble, chez elles, dans un profond silence, mais celui-ci n’est pas le fruit d’une écoute mutuelle, il règne parce que les parents regardent la télévision en mangeant tandis que leurs enfants sont penchés sur leur téléphone portable. Ils ressemblent à des moines isolés les uns des autres. Là, il n’y a aucune communication, alors qu’il est primordial de s’écouter afin de pouvoir comprendre les besoins de l’autre, ses nécessités, ses difficultés, ses envies. Il y a un langage fait de gestes concrets qui doit être sauvegardé. Selon moi, la douleur vécue ces jours-ci doit aboutir à cela. »


 
De nombreuses personnes ont perdu des proches, beaucoup d’autres se battent en première ligne pour sauver des vies. Que souhaitez-vous leur dire ?
« Je remercie ceux qui se dévouent si généreusement pour les autres. Ils sont un exemple probant de ces gestes concrets. Et je demande à chacun d’être proche de tous ceux qui ont perdu des êtres chers, en essayant de les réconforter de toutes les manières possibles. Le soutien doit dorénavant être un engagement de tous. J’ai à cet égard été très impressionné par l’article paru dans Repubblica et écrit par Fabio Fazio sur les enseignements qu’il tire de ces événements ».


 
Quoi, en particulier ?
« De nombreux passages, mais plus généralement le fait que nos comportements ont toujours un impact sur la vie des autres. Il a par exemple raison quand il dit : « Aujourd’hui, ceux qui ne paient pas leurs impôts ne commettent pas seulement un délit mais un crime : s’il manque des lits et des appareils d’assistance respiratoire, c’est aussi de leur faute ». Cela m’a beaucoup touché ».


 
Comment peuvent faire les athées pour garder espoir en ces temps difficiles ?
« Nous sommes tous des enfants de Dieu et Il nous regarde tous. Même ceux qui n’ont pas encore rencontré Dieu, ceux qui n’ont pas le don de la foi, peuvent y trouver leur chemin, dans les bonnes choses auxquelles ils croient : ils peuvent trouver la force dans l’amour pour leurs enfants, leur famille ou leurs frères et sœurs. Certains diront : « Je ne peux pas prier parce que je ne crois pas ». Mais en même temps, ils peuvent croire en l’amour des gens qui les entourent et y trouver de l’espoir ».

La Repubblica – 18 mars 2020

RETOUR

Lettre d’Alep No 38: Non, la guerre n’est...

SUIVANT

La Province du Brésil Centre-Nord organise l...