2021-06-21 FRANCE

Bernard Méha

Le Seigneur a accueilli dans la paix de sa maison

Frère Bernard MÉHA

décédé le mardi 15 juin 2021, à l’âge de 87 ans,

dont 68 ans de profession religieuse. Le Frère Provincial des Frères Maristes, les Frères de la Province L’Hermitage, la communauté de Saint Genis-Laval, sa famille et ses amis,

vous invitent à les rejoindre par la prière.

Ses funérailles auront lieu le mardi 22 juin, à 15h00, à la chapelle des Frères de Saint Genis-Laval,

et seront suivies de l’inhumation au cimetière de la communauté.

Qu’il repose dans la paix du Seigneur.

Suffrages : cf. Constitutions n°38.3

Bernard est décédé bien loin de Bains-sur-Oust (Ille et Vilaine), où il naît le 28 décembre 1933, à la frontière de trois départements de Bretagne : Morbihan, Loire Atlantique, Ille-et-Vilaine, dans une famille d’agriculteurs, au sein d’une fratrie de cinq enfants (quatre garçons et une fille). Il sera l’un de ces Frères Maristes bretons, recrutés tardivement par un Institut espérant se développer grâce à l’établissement d’écoles en Bretagne, à partir des années 1930. D’abord élève de l’école mariste de Bains, Bernard est volontaire pour le juvénat de Langon (35) établi à proximité pour éviter aux jeunes aspirants un dépaysement trop grand. Il y séjourne de 1945 à 1948.

Comme la Bretagne dépend de l’ancienne province du Centre, dite de Varennes-sur-Allier, c’est là que Bernard termine ses années de juvénat, de 48 à 50. Ensuite, les provinces de France ayant des structures de formation communes, c’est à Saint Genis-Laval qu’il accomplit son noviciat, du 24 septembre 1950 au 8 septembre 1952, puis son scolasticat qu’il termine avec le baccalauréat en·1954. Il a 21 ans, et part en Grèce effectuer un temps de substitut du service militaire, que l’on n’appelait pas encore « coopération ». Il y enseigne le français, aux lycées maristes du Sacré-Cœur (54-56, Patissia), et de Saint Denis (56-57, Sina). C’est là qu’il commence à manifester un trait de caractère qui le suivra toute sa vie : s’initier avec méthode et persévérance à des connaissances nouvelles. Il apprend donc le grec moderne, et s’épanouit au contact de cette culture, antique et moderne.

De retour en France, il retrouve Saint Genis-Laval où il enseigne au scolasticat, de 1957 à 1961, tout en réussissant une licence ès lettres classiques. Nombre de ses anciens élèves gardent de lui le souvenir d’un excellent pédagogue, délivrant des cours de lettres minutieusement préparés. Il ne fera qu’un bref séjour au pensionnat de Neuville-sur-Saône en 1961-63. Sa province ayant besoin de lui, il est envoyé à l’extrémité de la Bretagne, à Crozon (Finistère) dans un collège en perte de vitesse, cédé par le diocèse de Quimper. Il y est d’abord sous-directeur, puis directeur et fondateur de communauté, de·1963 à 1971. Comme il est doué pour enseigner et organiser, on ne pouvait trouver une meilleure solution pour rétablir une œuvre chancelante. C’est là qu’il donne la pleine mesure de ses capacités humaines, intellectuelles et spirituelles, ajoutant classes et dortoirs nécessaires à la croissance des effectifs, permise par la qualité d’une organisation améliorée, notamment grâce au ramassage scolaire.

Puis Bernard est nommé à Chagny (Saône-et-Loire), à la tête d’un ensemble scolaire comprenant école et collège, dépassant 600 élèves, dont 260 internes. Il y reste 6 ans (1971-1977), acquérant une expérience unique, mais aussi épuisante.

Tout laissait présager la suite d’une carrière brillante de directeur de grand établissement. Mais la maladie va orienter la vie de Bernard dans une voie plus contradictoire où alternent les temps de dépression et d’activités créatives. De retour à Crozon en 77-78, il ne pourra y rester, ni au Mayet-de-Montagne (mars 1978 à 1979). C’est finalement à Saint Pourçain-sur-Sioule, où il reste 21 ans (1979-2000), – y prenant même sa retraite en 1994 – qu’il trouve un relatif havre de paix, tout en y rendant de multiples services (anglais, français, CDI, catéchèse, vidéo). Il sera très regretté par l’amicale, les catéchistes, les enseignants, la fraternité mariste et les amis de l’école.

Il a fort bien su prendre le virage de la retraite professionnelle en s’initiant à l’informatique avec son esprit méthodique habituel. « Grâce à cela, a-t-il dit, j’ai maintenu certains contacts avec mes anciens collègues ou élèves ». En outre, toujours intéressé par les media, il entre, en 1990, au comité de rédaction de la revue Présence Mariste, dont il est membre jusqu’en 2007. Il fait également partie de l’équipe de rédaction du ‘Vignoble Bourbonnais’, revue du secteur paroissial de Saint Pourçain. »

Après un court séjour dans la communauté inter-mariste de Saint Priest (2000-2001) dont le style souple convient mal à son goût pour les cadres structurés, il rejoint la communauté de Paris, consacrant une partie de son temps à l’accueil, et le reste, à ses activités informatiques en créant le site internet http://www.presence-mariste.fr/, et en contribuant à celui de la paroisse Saint Dominique.

C’est à Paris que commencent de nouveaux ennuis de santé, surtout l’infection durable contractée à l’occasion d’une opération de prothèse de hanche, qui ne sera jamais complétement éradiquée, et lui imposera plusieurs séjours hospitaliers.

Rejoignant, en 2015, la communauté de Pontcharra-sur-Turdine, il y continue des activités semblables à celles de St Pourçain et Paris. Mais de nouveaux problèmes de santé, en plus de la résurgence de son infection, lui imposent d’entrer à l’EHPAD Marcellin Champagnat de St Genis, où il ne fait qu’un séjour extrêmement bref. Finalement, les confrères et amis qui l’ont un peu connu, peuvent le percevoir comme un frère dans la foi, parce qu’étant, en quelque sorte, le miroir de leur propre vécu. Il a été un homme de foi solide, mais déchiré entre une franche adhésion à des temps nouveaux et un sentiment d’angoisse face à un monde menacé de déliquescence spirituelle et humaine. À sa manière, Bernard vivait les enthousiasmes et les angoisses de Pascal, cet auteur à la fois scientifique, philosophe et mystique.

 

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