Frère Lycarion – Assassiné le 27 juillet 1909

Le Serviteur de Dieu Frère Licarion – François  Benjamin Mai

Témoin de l’école chrétienne lors de la Semaine Tragique à Barcelone

Qui était frère Licarion?

Il a vécu dans ce milieu rural où il est formé et où il a travaillé  jusqu’à l’âge de 18 ans. Sa jeunesse se passe d’une manière ordinaire jusqu’à ce qu’il décide de demander à entrer dans la Congrégation mariste, mu par le souci qu’il a pour l’éducation des jeunes et des enfants dans le besoin. Quand il est entré dans l’Institut mariste, il a reçu le nom de Licarion. C’était le 15 août 1888. Après une longue période d’études religieuses et profanes, son idée de consacrer toutes ses forces à l’éducation chrétienne des jeunes et des enfants dans le besoin avait muri.

Il était un frère mariste, né en Suisse, dans le petit village de Bagno, canton du Valais, le 21 juillet 1870. Ses parents étaient Maurice Eugène et Marie Virginie. Ils formaient une petite famille parmi les petits propriétaires terriens ou agricoles qui vivaient en excellents chrétiens.

En Espagne

Il officialise sa consécration à Dieu dans l’Institut des Frères Maristes. Après avoir terminé la première étape de sa formation, frère Licarion a été envoyé en Espagne. À Mataró (Barcelona), il poursuit sa formation et se perfectionne dans la langue espagnole. En même temps qu’il étudie, il se prépare à la pratique de l’enseignement à Gerona et à Torello (Barcelona).

À Canet de Mar (Barcelone), pendant cinq ans, il réalise un grand travail comme éducateur et directeur.

De là, les Supérieurs l’ont envoyé à Arceniega ((Álava), où il dirige l’école que les Frères ont dans cette ville.

Ses qualités personnelles et les fruits extraordinaires qu’il récolte comme éducateur et directeur amène les Supérieurs à penser à le nommer pour diriger l’école que le Patronato Örebro de Saint-Joseph – Association des Travailleurs – dans le quartier Pueblo Nuevo, à Barcelone, offert aux Frères Maristes .

Le frère, malgré que la mission fût difficile et compliqué, a accepté sans épargner aucun effort. Il se mit au travail et a ouvert les portes de l’école le 1er septembre 1906. Les débuts ont été très difficiles: la maison des frères est lapidée à plusieurs reprises; les insultes sur la voie publique sont fréquentes. Pendant quelque temps, les frères ne sont même pas en mesure de sortir dans la rue.

La pédagogie du frère Licarion est basée sur la pratique, l’ordre et le bon goût. Les parents ont très vite apprécié les progrès de leurs fils et le dévouement des religieux, et ils se sont rangés du côté des frères et du directeur.

Mais très vite, cette vie si pleine d’espérance fournie par les professeurs et des parents a tourné court.

La Semaine Tragique

Dans ce bref résumé biographique du frère Licarion nous évitons les aspects socio-politico-religieux de la Semaine Tragique. Nous ne les  mentionnons qu’en tant que cadre de sa mort.

Lee 26 juillet, il y a grève générale, dont l’objet est de « protester contre la guerre et les abus du Gouvernement. »

À 9 heures du matin, la grève est générale à Pueblo Nuevo et dans d’autres quartiers. À 11h30 du soir, un groupe d’hommes et de femmes se trouvent devant l’Obrero Patronato de Saint-Joseph sur la rue Wad-Rass et brisent tout ce qui est à  leur portée. La police a été appelée, mais quand elle est arrivée, il était trop tard le bâtiment était en feu sur les quatre côtés. Les forces de l’ordre ne pouvaient que protéger les Maristes pour les emmener à leur résidence tout près.

Le martyre

Le 27, la journée commence dans l’attente. Dans Pueblo Nuevo, les masses sont mobilisées avec l’intention de prolonger ce qui a été commencé au Patronato de Saint-Joseph et les Frères sont invités à sortir de leur résidence par une personne connue. Il les convainct de le suivre sans aucune crainte, les assurant que c’était le bon moment pour sortir de la maison et de marcher sans danger, malgré les tirs fréquents dans les rues de Pueblo Nuevo. Ils le croient et descendent, portant la soutane, suivant ce faux ami. Dès que le premier – le directeur – arrive à la rue, le faux ami crie aux révolutionnaires qui étaient dispersés. Les voici ! alors qu’un coup de feu est entendu. Les Frères, terrifiés, se réfugient où et comme ils peuvent, se cachant rapidement là où il y avait des portes ouvertes … Frère Licarion qui était en tête a été abattu et blessé. Il se dirige vers le mur en face. Là, il tombe à genoux, blessé mortellement, et achevé par les révolutionnaires, il joint les mains et prie en recommandant son âme à Jésus et à Marie et en pardonnant à ses assassins.

Son corps a été transporté à l’hôpital où il est resté plusieurs jours. De là, il est emmené au cimetière sud-est (Montjuich) et enterré dans une fosse commune comme un inconnu. Il est le premier martyr mariste d’Espagne et, en tant que tel, aussi humble dans la mort que lors de son enterrement.

Qui était frère Licarion ?

En tant que professeur, il était admirable, sacrifié, zélé pour le bien de ses élèves. Il a préparé ses cours avec beaucoup de soin autant sur le plan pédagogique que littéraire. Il avait le don d’une belle écriture. Tous les jours, il écrivait en rouge, dans le cahier de chaque élève, la phrase ou les lettres de modèle que les élèves devaient copier au cours de la classe correspondante.

Il expliquait les lectures avec un grand intérêt et clarté selon les canons pédagogiques maristes, mais il a fait un effort très particulier sur l’explication du Catéchisme de la Doctrine Chrétienne, et même avec le plus grand soin, si possible, au catéchisme du samedi. Il faisait tout en l’honneur de la Très Sainte Vierge Marie envers qui frère Licarion avait une grande dévotion.

Frère Licarion:

  • Savait stimuler et encourager les élèves en leur donnant de petites récompenses, en les louangeant ou par des réprimandes paternelles toujours données au temps voulu, et, en classe, il avait établi deux camps appelés le « camp romain » et le « camp carthaginoise ». Chaque mois, les deux camps relevaient un défi et les élèves du camp gagnant faisaient une sortie un après-midi tandis alors que les autres resteraient en classe à travailler.
  • Il aimait l’appréciation des habitants de la ville et il était connu comme le saint frère.
  • Il se distinguait en particulier par ses relations sociales de telle sorte que, après un an, il avait déjà gagné la confiance de tout le monde à cause de son travail et de son affection.
  • Il a été persécuté et assassiné pour avoir gardé sa foi et la religion du Christ, pour avoir pratiqué les œuvres de miséricorde, enseignant à ceux qui étaient dans l’ignorance et pour avoir vécu la vie religieuse comme le chemin sûr pour se donner aux autres.
  • C’était un martyr qui sut comment verser son sang avec le sourire aux lèvres et les prières dans le cœur.
  • Il était un simple professeur d’école d’une école pauvre, et au milieu des garçons qui sont allés à son école, il diffusait l’amour de Jésus par sa vie d’amour et de sacrifice.

Sur le chemin de la sainteté

En janvier 1967, l’archevêque de Barcelone, Don Marcelo Gonzalez Martin, a nommé un tribunal pour commencer le processus diocésain de canonisation du frère Licarion. En novembre 1967, le tribunal a remis toute la documentation du procès pour être déposer à la Congrégation des Causes des Saints.


Prière

Ô Dieu tout-puissant, toi qui a été glorifié par la confession sanglante de Frère Licarion, Mariste, témoin fidèle de l’école chrétienne en faveur des enfants dans le besoin, accorde-nous, par son intercession, une augmentation de la foi, de l’espérance et de la charité dans l’exercice continu de notre vie chrétienne et  de le voir couronné de l’auréole des saints, si c’est pour ta gloire et le bien du peuple chrétien. Nous te le demandons par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.