22/Déc/2010 MEXIQUE

Défenseur des droits des peuples indigènes du Mexique

L?ancien évêque de Sant Cristóbal de las Casas, dans l?état du Chiapas (Mexique), a été affilié à l?Institut par la Province mariste de México Central, en reconnaissance de sa proximité et de son soutien aux Frères dans la mission de Guadalupe, ?uvre missionnaire des Frères Maristes au Chiapas. Le 10 décembre 2010, Mgr jTatic Samuel Ruiz García a été affilié à l?Institut des Frères Maristes, en présence du Fr. Provincial de México Central, Ricardo Reynozo, et des Frères Josep Maria Soteras et Eugène Kabanguka, Conseillers généraux, au cours d?une cérémonie intime et familiale dans sa maison de Querétaro, Qro., Mexique, Une partie importante de la vie de Mgr jTatic Samuel Ruiz se centre sur son cheminement comme évêque. En 1959 il est nommé évêque de San Cristóbal de las Casas, dans l?état du Chiapas (Mexique), un diocèse dont la population est très pauvre en en majorité indigène. Le 6 janvier 1962 il a demandé la collaboration des Frères Maristes : la mission de Guadalupe est fondée. Les activités commencent par la création d?une école pour les catéchistes des communautés indigènes.Mgr Samuel est devenu mondialement connu par sa proximité avec les peuples du Chiapas et parce qu?il a offert sa collaboration comme médiateur dans le conflit du Chiapas entre l?Armée Zapatiste de Libération Nationale (indigène) et le gouvernement fédéral mexicain. Mgr Samuel a exercé son ministère épiscopal à San Cristóbal de las Casas jusqu?en 1999. Aujourd?hui il vit retiré dans sa maison de Querétaro.Le Fr. Eugène Kabanguka, après l?expérience vécue auprès de cet homme, a écrit le témoignage suivant : « Dom Samuel est un croyant rempli d?amour pour l?Église et très créatif dans sa mission pastorale. Lorsqu?on est en contact avec lui, on est face à une personnalité prophétique, dotée d?une foi et d?un amour que rien ne saurait arrêter. On sent en lui l?amour des enseignements de l?Église, l?amour du peuple de Dieu, de la vérité et de la justice. Dans sa mission pastorale, Dom Samuel a été très créatif : il a montré que l?Église, comme Mère, doit défendre résolument les droits de ses enfants, sans peur ni honte, acceptant le risque d?être mal interprété et la mort même s?il le fallait.Qu?il soit à présent l?un de nous, en tant que membre affilié à lInstitut, nous remplit de joie et constitue un défi au moment de « partir en hâte avec Marie vers une terre nouvelle ». Comme Abraham et Moïse. Dom Samuel connaît ce que signifie la « nouvelle terre ». Voilà comment le Fr. Josep Maria Soteras, de son côté, a vu le moment de la rencontre avec Mgr Ruiz : « La rencontre avec l?évêque émérite de Chiapas. Dom Samuel Ruiz, a été très affectueuse. Fr. Eugène et moi-même ne le connaissions pas personnellement. L?accueil a suffi pour nous rendre compte que nous étions en présence que quelqu?un que le Seigneur avait travaillé profondément pendant sa vie. Il a moins parlé de ce qu?il avait fait que de la manière dont la vie et les indigènes de Chiapas avaient rempli et transformé son existence. Avec eux il avait pu incarner une fois de plus la parabole de l?Évangile dans l?histoire humaine. Nous nous sommes trouvés devant un homme âgé, simple, sans aucune envie de parader. ?Dans les guerres, on dresse des statues aux généraux, mais sur le front, ce sont les soldats qui meurent. Les gens me regardent, moi, mais ce qui est arrivé au Chiapas n?aurait pas été possible sans les Frères Maristes?, a-t-il dit. En même temps que l?évangélisation menée à bien par des centaines de catéchistes indigènes, ces peuples ont retrouvé petit à petit leur dignité humaine. La démarche n?est pas achevée mais elle est imparable : ce n?est qu?une affaire de temps. Dom Samuel l?exprimait avec une image : ?Lorsque nous sommes arrivés, les indigènes marchaient courbés et devaient quitter le trottoir et s?incliner devant n?importe quel « criollo » qui allaient vers lui sur ce même trottoir. Maintenant ils marchent droit sur ces mêmes trottoirs qu?ils partagent avec les autres. Ils récupèrent « leur monde » et, petit à petit, ils se sentent chez eux.? Cela nous semblait une réédition de l?exode ou du retour de l?exil, avec à leurs côtés des hommes de chair et de sang : l?évêque Dom Samuel, les Frères Maristes de México Central? La démarche n?a pas été exempte de violence, Mgr Ruiz a été accusé de révolte, on l?a suspecté dans l?Église et en dehors? mais étranger à tant d?agressivité des uns et des autres, rien ce tout cela ne semble l?avoir touché. Il garde une sérénité et une gentillesse extraordinaires : c?est la tendresse qui émerge sans aucun doute de ses récits et de ces expériences. Il vit sa simple vieillesse dans une discrète petite maison de la capitale, accompagné de quelques membres de sa famille et de son secrétaire personnel de toujours, un laïc. Une des nombreuses églises domestiques d?où il poursuit son ministère, inspirant ceux et celles qui viennent lui rendre visite. »jTatic Samuel, « Notre Père », comme l?appellent les peuples indigènes de Chiapas, est né le 3 novembre 1924 à Irapuato, Guanajuato. Il a fait ses études au Séminaire de Léon, Guanajato. Il est ordonné prêtre le 2 avril 1949. Il est docteur en Théologie et Écriture Sainte par l?Université Pontificale Grégorienne et par l?Institut Biblique de Rome. Nommé évêque de Chiapas le 14 novembre 1959 par le Pape Jean XXIII, il est consacré dans la cathédrale de San Cristóbal de las Casas le 25 janvier 1960. Suite à l?invitation de Mgr jTatic Samuel, le 6 janvier 1962 la mission de Guadalupe est fondée, ?uvre missionnaire des Frères Maristes au Chiapas, Mexique. C?était une école pour les catéchistes hommes des communautés indigènes ; la même année est fondée l?école pour les femmes catéchistes par les s?urs du Divin Berger. Ces catéchistes accompagnent les communautés pour lire leur réalité et l?éclairer à partir de la Parole de Dieu ; ce sont les serviteurs de leur peuple. Plusieurs d?entre eux ont appris à lire et à écrire en espagnol avec la Bible. Actuellement il y aurait plus de 8.000 catéchistes dans le diocèse de San Cristóbal de las Casas.jTatic Samuel a appris à cheminer avec les communautés ; il a appris que l?évêque est le serviteur du peuple, proche des hommes et des femmes, des vieillards et des enfants ; il a écouté leurs douleurs et leurs besoins, il a écouté leur c?ur. Il a reconnu les indigènes, les métisses, les laïcs comme sujets de leur propre évangélisation, et le peuple croyant s?est engagé à dépenser sa vie dans l?annonce fidèle et généreuse de la parole de Dieu.jTatic Samuel a reconnu la dignité des femmes ; il leur a appris à lire la Bible avec un regard, un esprit et un c?ur de femme ; il a ouvert un chemin pour qu?elles soient respectées, ainsi que leurs droits, au sein de l?Église et de la société.En suivant les enseignements du Concile Vatican II et des conférences Latino-Américaines, il a opté pour les pauvres, visages souffrants de Jésus. Il a bâti, auprès de son peuple, une Église autochtone, avec des structures ecclésiales rénovées, dans un processus d?inculturation de l?Évangile, prenant comme modèle la Vierge de Guadalupe. Nous pouvons affirmer que l?Église dans le diocèse de San Cristóbal de las Casas, Chiapas, Mexique, est vivante ; ses milliers de serviteurs en témoignent.jTatic Samuel a accueilli et vit la parole de Dieu dans le temps, le c?ur ouvert ; il est une lettre écrite, gorgée d?histoires qui chantent la vie et l?espérance. jTatic Samuel a laissé toucher son c?ur par le c?ur de Dieu. Il a confié en Dieu, il s?est mis entre ses mains pour chercher la sagesse afin d?être pasteur et médiateur au milieu de son peuple.Le 25 janvier 2010 on a fêté ses 50 ans comme évêque ; à cette occasion un congrès théologique a été organisé et un livre digital a été écrit : Don Samuel, profeta y pastor, qui recueille une partie de la mémoire historique de son cheminement comme évêque de San Cristóbal.

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